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Dim, Mar

Opération épervier
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Tout au long des quatre heures d'horloge d'une audience consacrée exclusivement à l'audition des deux témoins de l'accusation, pas une seule fois le nom de l'accusé Abah Abah n'a été prononcé. Ou plutôt si. Les deux anciens ministres l'ont évoqué seulement deux fois lors de leur contre-interrogatoire, pour répondre aux questions posées par les avocats de l'ancien ministre des Finances.

C'est Akame Mfoumou qui, répondant à Me Bilong, déclare que Abah Abah n'a rien à voir avec la constitution de Me Eyoum. Celle-ci est l'œuvre du ministre Ngankou en charge des privatisations à l'époque des faits. Lorsque Me Bilong lui demande si son client a violé un quelconque texte en signant le mandat par lequel Me Eyoum était habilité à recouvrer les créances querellées auprès de la Sgbc, Akame Mfoumou botte en touche et déclare ne pas avoir le statut de consultant ou d'expert.

C'est de Meva'a M'eboutou que viendra l'ultime déclaration par laquelle le témoin dénie toute sorte d'implication à l'accusé Abah Abah. C'est l'accusé Henri Engoulou, longuement cité par le témoin, qui lui offre l'opportunité d'évoquer le cas Abah Abah à la clôture de son audition. «Abah Abah, déclare-t-il, n'est pas concerné par le dossier, il n'a rien à y voir. Tout se passait entre la direction des Affaires juridiques du ministère des Finances et le secrétaire général, Henri Engoulou». Une déclaration de l'ancien ministre qui met tout le monde d'accord, y compris le tribunal, sur cette non implication de Abah Abah.

La preuve? Lorsque le président Yap demande aux avocats d'interroger le témoin dans le cadre du contre-interrogatoire, tous les cinq membres du collectif répondent à l'unisson qu'ils n'ont pas de questions. Observation du président du tribunal: il ne saurait en être autrement avec la déclaration que vient de faire le témoin «en faveur de votre client». Il n'est pas jusqu'à cet ancien ministre, venu assister aux débats, qui ne se soit interrogé sur le cas Abah Abah. Cet accusé présent devant la barre, mais ignoré dans leurs dépositions par les témoins de l'accusation et par le Procureur général dans ses questions posées aux deux ex-ministres.

«Qu'est-ce qu'il est venu faire là, s'est-il interrogé. A croire qu'il ne fait pas partie des accusés», a-t-il tranché. Très attendues le 12 mars 2014, les réquisitions intermédiaires du procureur général.

© EVARISTE MENOUNGA : Mutations

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