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Dim, Mar

Opération épervier
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C'est ce qui ressort des dépositions des deux témoins de l'accusation qui comparaissaient vendredi devant la barre du Tcs

Polycarpe Abah Abah n'a pas ouvert un compte personnel dans les livres du Crédit foncier du Cameroun (Cfc) en octobre 2000, à l'époque où il occupait les fonctions de directeur des Impôts. Contrairement aux accusations portées contre lui par le représentant du ministère public pour qui le compte ouvert au Crédit foncier appartenait bel et bien à Abah Abah, il ressort clairement des dépositions des deux témoins de l'accusation à l'audience de vendredi dernier que le propriétaire du compte querellé était bel et bien la direction des Impôts.

L'ancien directeur financier du Crédit foncier, Mballa Amougou et l'ex-directrice de l'agence Cfc de Yaoundé, Minkoma Etoua sont formels dans leurs dépositions: Polycarpe Abah Abah qui l'avait ouvert en qualité de directeur des impôts, en était simplement le gestionnaire. C'est comme mandataire qu'il avait le droit de le mouvementer.

A la question de savoir si elle disposait des éléments du dossier lui permettant d'ouvrir le compte, Etoua répond sans ambages: «nous avons assimilé la direction des Impôts à une personne morale pour ouvrir ledit compte». Qui plus est, précise-t-elle, la convention signée entre le Crédit foncier et la direction des Impôts prévoyait l'ouverture de ce compte et indiquait clairement qu'il s'agissait d'un compte de personne morale.

«Nous avons ouvert de compte de manière exceptionnelle et dans des circonstances exceptionnelles, sur instructions de la hiérarchie». S'agissant du mandataire, explique le témoin, c'est le directeur des Impôts de l'époque qui était chargé de mouvementer un compte qui recevait des virements, des chèques en dépôt et des décaissements par chèques.

Fraude

Lorsque le procureur général lui rapporte les propos d'Evina Nyangono tenus devant le juge d'instruction et qui affirme avoir été payée par deux fois à mains propres par dame Etoua alors directrice de l'agence Cfc, depuis son bureau, sur instructions de Abah Abah, le témoin nie tout en bloc. Elle affirme n'avoir jamais rencontré dame Evina ailleurs que devant le juge d'instruction alors qu'elle comparaissait comme témoin. J'avais remis au juge d'instruction, Batoum, des chèques endossés par Evina. Je n'étais pas payeur, ni chef de caisse. Je contresignais simplement les chèques et le client allait toucher au guichet.

Sur l'irrégularité des décaissements opérés sur ce compte par des collaborateurs mandatés par Abah Abah, le témoin rejette toute idée de fraude sur le compte via des décaissements à travers des chèques barrés. «Tout se passait comme si c'est le mandataire qui touchait à travers des envoyés. Pour nous prémunir contre d'éventuelles réclamations, nous envoyions, explique t-elle, des justificatifs au mandataire Polycarpe Abah Abah». Pour le témoin Etoui, il n'y a jamais eu de réclamation de la part du mandataire qui recevait le relevé de compte.

«Les chèques étaient barrés et en raison des usages propres à la banque, nous acceptions de payer ces chèques à des personnes que Abah Abats envoyait régulièrement parce que ne pouvant se déplacer lui-même. Il s'agissait d'un compte Vip dont les chèques étaient libellés «nous-mêmes», c'est-à-dire la direction des Impôts et signés du Dg Abah Abah. Je ne recevais que des chèques à mon bureau et non des personnes. Je n'ai jamais reçu Abah Abah à la banque si oui lors de la signature des documents le jour de l'ouverture du compte».

Suite de l'audition des témoins de l'accusation le 19 mars 2014.

© EVARISTE MENOUNGA : Mutations

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