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Jeu, Sep

Kongossa
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Faute de séduire un homme par des attitudes positives, elles utilisent des moyens illicites, notamment le tobassi pour charmer les hommes.Ici et là dans nos quartiers, pendant qu’une femme se targue d’avoir gagné le coeur de tel homme, de l’autre côté, c’est une autre  qui grince des dents, parce qu’elle ne parvient plus à maitriser son époux. Parmi les signes avant-coureurs de ce désintérêt, il y a les rentrées tardives à la maison, le peu d’intérêt accordé à son épouse, la rupture du dialogue, une attitude dédaigneuse et répugnante à l’égard de celle qu’on a  librement choisi comme compagne de vie.

Ici et là, toutes les femmes, surtout celles qui sont délestées de leurs maris, pointent un doigt accusateur sur  un seul coupable: le “tobassi”. De quoi s’agit-il ? Pour comprendre la genèse de ce néologisme, il est nécessaire  d’aller  voir dans  les traditions  du peuple Fang que l’on trouve dans les Régions  du Centre et du Sud du Cameroun. Selon le sociologue Anatole D, « les ménages polygames sont le théâtre d’une intense et interminable guerre féminine de positionnement, et on sait que toutes les grandes guerres sont fertiles en découvertes et innovations. Les femmes Fang des temps contemporains ont donc hérité de leurs ascendantes un arsenal incroyablement varié et ingénieux pour gagner le coeur de l’homme convoité  ou qu’elle dispute avec une autre femme ». Les deux éléments de séduction de la femme de notre temps sont : la tête de “kanga” et le “tobassi”.

Pour être plus clair, écoutons encore les explications du sociologue : «Dans la Région située entre Ayos et Akonolinga, là où le fleuve Nyong traîne ses eaux sombres avant de filer vers Mbalmayo, puis vers la mer, là se pêche, cuisine et consomme un poisson appelé le kanga. Le kanga est un poisson très charnu et  délicieux, surtout quand il est cuit sous la braise. Il paraît en plus qu’il possède une vertu magique. Il se raconte en effet que la tête de kanga, bien assaisonnée par une jeune fille avisée, et dégustée par n’importe quel monsieur, attache le dit monsieur à la dite demoiselle pour la vie» !

Maintenant venons-en à l’explication du  substantif tobassi. Le sociologue nous donne encore des détails croustillants: « Commençons par traduire. Nous avons là un verbe, conjugué à l’impératif : "tobo" ou "tob’go", ou assieds-toi,  en Français. On a ensuite un nom : "si", qui signifie la terre. L’expression "tobo a si" ou "tob’go a si" signifie donc assieds-toi par terre. En réalité, elle est utilisée pour dire simplement assieds-toi, y compris sur une chaise ou tout autre instrument adapté à la posture assise.  Le "tobassi" est donc une trouvaille linguistique plutôt récente, qui englobe en son sens tous les plats qui, accommodés d'une certaine façon que je ne vous dirai pas, et servis à un monsieur invité ad hoc, vont littéralement attacher le dit monsieur à sa chaise, irrémédiablement. Tout cela est bien mystérieux, d’autant que je refuse absolument d’entrer dans les détails ».

Mais rien n’empêche nos lecteurs de se demander si, au lieu de je ne sais quelle magie, ce n’est pas simplement la qualité et la succulence des repas servis par la demoiselle qui empêchent notre monsieur de se rappeler où il habite, au point de se désintéresser de  sa femme ?

Des témoignages concordants attestent  que le “tobassi” existe. Dans une langue qui n’est pas la nôtre, on pourrait parler  de l’envoûtement d’un homme par une femme qui désire gagner son coeur. Mlle. Estelle D. estime quant à elle  qu’il faut prendre tout ce qu’on raconte sur le tobassi au sérieux : « Mon frère aîné a subitement  abandonné son épouse et leurs deux enfants pour une autre femme, sans aucune explication. Il est revenu à la  maison après un an de désertion de son foyer. Je suis convaincue qu’il avait été envoûté ». Abondant dans le même sens, Suzanne T. affirme: « De nombreuses femmes  utilisent les fétiches pour garder un homme ou l’arracher à une autre femme. Je connais quelques exemples que je ne peux pas citer ici ». A l’opposé, certains avouent ne pas croire à l’effet du Tobassi. Il ne s’agirait que des alibis de ceux qui sont imprudents et désordonnés dans  leur vie : « Je ne crois pas à l’envoûtement. C’est assez facile d’accuser  ceux que  vous n’aimez  pas,  ou qui ne vous aiment  pas de détruire votre foyer », estime Gaston P. De son côté, Clément K. soutient que : « Il y a des personnes faibles qui se laissent influencer par les  plus habiles. Mais cela n’a rien à voir avec la sorcellerie ». Dans la même lancée, Yonta  T. affirme  que « Une personne qui est sans cesse négative sera facilement convaincue qu’elle est envoûtée, et que tout ce qui lui arrive  n’est pas  un hasard. Mais comment voulez vous qu’il vous arrive quelque chose de bien si vous êtes négatif, et que vous faites toujours profil bas. Il n’y a rien de sorcier dans l’envoûtement ». Chacun peut donc tirer sa propre conclusion en fonction de son expérience propre ou de celle d’un proche.

Mais, loin de  jouer les faux courageux, reconnaissons tout de même que cette histoire d’envoûtement à travers un plat  bien assaisonné fait des ravages dans notre société. Il s’agit bien d’une réalité sur laquelle on ne  doit pas fermer les yeux.  Le danger nous guette toujours lorsque nous mangeons hors de la maison, et plus particulièrement chez une amie qui nous invite avec insistance à venir prendre un repas chez elle. Il paraît que certains foyers ont ainsi volé en éclats à cause de ces charmeuses d’hommes qui ne lésinent sur aucun moyen pour prendre un homme. Parmi les méthodes cyniques qui sont employées ici et là, l’on parle ainsi, des écorces (tobassi)  que l’on fait ingurgiter  à l’homme, soit, dans la sauce, ou dans une tasse de café ou de lait. On parle aussi de ces  parfums maléfiques bien travaillés par les  charlatans,  et toutes sortes de choses bizarres que vous pouvez imaginer. « Lorsqu’un homme consomme régulièrement ces mixtures qu’on lui sert sous forme de repas, il est dans le filet et ne peut plus échapper », affirme sans état d’âme  Mlle G. A, elle qui se targue d’en savoir quelque chose. Il ne faut donc  pas prendre à la légère ces menaces qui guettent les hommes mariés ou non. Il convient de relever que ces fétiches que les femmes font avaler aux hommes causent de nombreux dégâts à long terme. Des témoignages concordants  affirment qu’ils  détruisent  les organismes des victimes à petit feu, et conduisent parfois à la mort !

Le mal rôde, les méchantes femmes  aussi. Elles nous guettent, et n’attendent que le bon moment pour passer à l’action. Que faire donc pour ne pas être une victime du “tobassi” ? La première disposition à prendre, c’est de ne jamais manger chez une  femme sur laquelle on a des doutes. Ensuite, lorsqu’on est marié, il est nécessaire de  se rappeler constamment cette belle phrase qu’on prononce le jour du mariage : « Reçois  cette alliance, signe de notre amour et de notre fidélité ». A partir de là, rien ne peut plus vous ébranler, pas même  le “tobassi”. Aucune femme ne peut véritablement ébranler un homme qui aime son épouse, et qui est guidé par les valeurs du mariage qui sont l’amour,  la fidélité et la foi en Dieu. Si un homme  ne confie pas sa vie à  Dieu, ne  prie pas, si Dieu n’est pas au centre de  son  foyer, Il se met  à la merci des envoûteuses, et le moindre plat bourré de  tobassi qu’il mangera, trouvera un terrain fertile où il agira avec efficacité.

© L'Effort Camerounais : Sylvestre Ndoumou
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Participant à cette conversation

  • Lblood

    Bonjour je suis mariée j'ai 4 enfants mon mari sort le matin et rentre tard le soir. Du lundi à dimanche est ce que ce fameu tobassi pourrait m'aider à le calmer ? Si oui comment je dois faire?

    à France
    0 J'aime Raccouci URL:
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