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Jeu, Juil

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Mercredi 19 octobre en fin d'après-midi, un colonel du pentagone téléphone à l'un de ses correspondants au sein des services secrets  français. Chargé du dossier "Kadhafi", l'une des priorités actuelles des généraux de l'équipe Obama, l'Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones prédators US est pris au piège dans un quartier de la ville de Syrte et qu'il est désormais impossible de le "manquer". Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en "véritable bombe atomique". Son interlocuteur comprend ainsi que la Maison-Blanche a rendu son verdict, et qu'il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.

Depuis quelques jours, d'ailleurs des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. A Paris, au centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (comandement des opérations spéciales) les militaires français présents à Syrte.

Leur mission: porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, "traiter" le Guide libyen et les membres de sa famille". Une autre formule codée avait cours à la DGSE : "livrer le colis à Renard", et agir en sorte que Kadhafi n'échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisée "Renard"?).

Hypocrisie internationale

A l'Elysée, on savait depuis la mi-octobre que Khadafi et l'un de  ses fils s'étaient réfugiés à Syrte, avec gardes du coprs et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoît Puga son chef d'état-major particulier, de superviser la chasse à l'ancien dictateur. Ce qu'il a fait en relalation avec la "cuve", le bunker souterrain où des officier du CPCO en contact permanents avec tous les militaires français engagés à l'étranger et les différents services barbouzards.

A la DGSE comme à la DRM, on ne se gêne d'ailleurs pas pour évoquer l'"élimination physique"du chef lybien, à la différence des formules bien plus convenantes employées à l'Elysée, s'il faut en croire un conseiller du président.

"La peine de mort n'était pas prévue par les résolutions de l'ONU qui ont permis à l'OTAN d'intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. A plusieurs reprises des avions français et britanniques vaient déja tenté de liquider kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli, ou en en détruisant notamment l'un de ses bureaux." Et le m^me de signaler que, lors d'un procès devant la Cours pénale Internationale, "ce nouvel ami de l'occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l'aide qu'il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu'il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais?".

Le 20 octobre à 8H30 du matin, l'objectif allait être atteint. Trois avions de l'Otan s'approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission effectuée par hazard : une colonne de de quelque 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Prédator tire des roquettes. Un Mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 2000-D qui largue 2 bombes GBU-12 de 225 kilos guidées par laser. Bilan : 21 véhicules détruits et Kadhafi seulement blessé.

Soupirs de satisfaction

Des membres des forces spéciales françaises sont alors présents sur les lieux. L'histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec une abondante de détails un officier un officier des services de renseignements militaires : "il est capturé vivant par des combattants surexités. La foule scande "Allah Akbar!" à pleins poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d'autres combattants, qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie."

On connait la suite, et quelques images de ce lynchage suivi d'une exécution par balle balles sont apparues sur les ecrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de de Kadhafi n'est pas la fin de l'histoire car, en croire une analyse barbouzarde, " la libye est entrée dans un no man's land politique, une zone de tubulence imprévisible,". Voilà qui devrait inquieter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction à l'idée que Kadhafi ne serait jamais la vedette d'un procès international.

Claude Angeli, le canard enchaîné

 

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