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Dim, Avr

International

Nous sommes le dimanche 13 décembre. Le vol Ethiopian Airlines ET 903 en provenance de Douala, via Malabo, vient d’arriver à l’aéroport Bole d’Addis Abeba. Les passagers en transit pressent le pas dans l’aérogare. Après quatre heures de retard accusées à Douala, ils espèrent encore rattraper leurs différentes correspondances. Une fois dans le hall de transit une jolie hôtesse éthiopienne leur demande de se rendre dans les services de l’immigration où ils découvrent une salle déjà bondée de monde. Il faut faire la queue dans l’un des trois interminables rangs pour pouvoir remplir des fiches qui donnent droit à un visa d’entrée en Ethiopie et à un hébergement offert par la compagnie éthiopienne.

C’est dans ce brouhaha général qu’une voix s’élève soudainement: « Non, c’est impossible ! J’ai une réunion demain lundi à N’Djamena avec des personnalités tchadiennes très importantes. Je ne peux pas être en transit pendant deux jours à Addis Abeba. Nous voulons voir le directeur général !» L’homme qui sort ainsi de ses gongs est Charles Loïc, présentateur vedette d’une émission de variétés à la CRTV télé il y a quelques années. Il se rend dans la capitale tchadienne pour des raisons professionnelles manifestement.

A défaut d’emprunter Air Toumaï qui assure des vols directs entre Douala et N’Djamena, Charles Loïc comme la plupart des voyageurs de la capitale économique camerounaise est obligé de prendre Ethiopian Airlines qui met quatre heures pour relier Douala à Addis Abeba, puis deux heures entre la capitale éthiopienne et celle du Tchad. Soit au total six heures de vol- sans compter la durée du transit- pour aller de Douala à N’Djamena!

Ce dimanche, ils vont assister au pire scénario d’un voyage aérien entre le Cameroun et le Tchad. 48heures chrono pour aller d’un pays de la CEMAC à un autre. Et ça, ils ne l’entendent pas de cette oreille. La grogne monte. Le groupe des contestataires s’agrandit. Charles Loïc et ses compatriotes sont rejoints par d’autres mécontents. Ils viennent de Kinshasa, de Kigali. Ils sont des hommes d’affaires, des hommes politiques, quelques femmes. Bref, des citoyens de la Communauté Economique de l’Afrique Centrale qui recherchent un moyen de communication sûr et rapide pour échanger dans la sous-région. Hélas ! Malgré leur menace d’assiéger les bureaux des services d’immigration de l’aéroport, rien à faire. « Il n’y a pas de vol en partance pour N’Djamena avant deux jours » leur répètent les hôtesses d’Ethiopian Airlines visiblement dépassées et désolées par cette situation.

Certains passagers demandent à rentrer sur Douala par le prochain vol pour…ils n’osent même pas terminer leur phrase. On comprend que c’est dans un excès de colère qu’ils pensent retourner au Cameroun pour prendre la route ou le train. Mais c’est une solution dérisoire. Ils n’arriveront jamais avant ceux qui auront emprunté le vol de mardi comme le suggèrent les hôtesses.

Résignés, ils regagnent les chambres d’hôtel reservées par la compagnie éthiopienne se contentant d’appeler leurs familles, leurs partenaires d’affaires, leurs employeurs pour leur signifier qu’en attendant le démarrage de Camair Co et à défaut d’une compagnie aérienne sous-régionale, N’Djamena restera éloignée de Yaoundé tandis que Paris et Londres sembleront proches de la capitale camerounaise.

© Cameroon Tribune : Suzanne ELLO NLEPNA

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